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Espèces de pétoncles : pétoncles de Yesso, géant de l’Atlantique, du Pérou et de baie

Quel pétoncle est lequel : en quoi les pétoncles de Yesso, géant de l’Atlantique, du Pérou, de baie et les espèces plus petites diffèrent par la coquille, la noix, le corail et l’origine, comment chaque marché les nomme et quelle place chacun occupe sur une carte.

  • Équipe achats de BSA Food Products
  • Mis à jour le
  • 8 min de lecture

Les pétoncles sont des bivalves de la famille des Pectinidae, un groupe de plusieurs centaines d’espèces présentes des mers polaires jusqu’aux tropiques. Seule une poignée d’entre elles atteint une échelle commerciale, et dans le négoce le mot « pétoncle » désigne le plus souvent un muscle : l’adducteur rond et sucré qui ferme la coquille. Le pétoncle de Yesso japonais, le pétoncle géant de l’Atlantique des bancs nord-américains et le pétoncle du Pérou d’élevage sont les noms que les acheteurs rencontrent le plus souvent dans le commerce international, tandis que la Chine produit d’énormes volumes de pétoncles de Yesso et de baie, en grande partie pour son propre marché.

Ce profil s’intéresse aux animaux qui se cachent derrière le carton : comment distinguer les espèces, comment les différents marchés les nomment, comment elles sont élevées ou pêchées, et comment les cuisines, d’Hokkaido à Lima, les emploient. Les origines, calibres et présentations actuellement proposés figurent sur notre page pétoncles surgelés, et le muscle adducteur séché est traité sous noix de pétoncle séchées (conpoy).

À retenir

  • Les pétoncles que les acheteurs rencontrent le plus souvent sont le pétoncle de Yesso d’élevage, le pétoncle géant de l’Atlantique sauvage et le pétoncle du Pérou d’élevage, chacun avec sa coquille, sa noix et son corail.
  • La couleur du corail dépend du sexe ; chez le pétoncle de Yesso, chaque animal a un corail d’une seule couleur, alors que les espèces hermaphrodites comme les pétoncles du Pérou et de baie montrent deux teintes.
  • Des noms comme kaibashira, Saint-Jacques et vieira recouvrent plus d’une espèce : demandez le nom scientifique.
  • Le conpoy est l’adducteur de pétoncle séché ; l’adducteur de pinne est un produit différent et doit être étiqueté comme tel.

Ce qui fait d’un pétoncle un pétoncle

Le pétoncle possède deux valves en éventail réunies par une charnière rectiligne flanquée de petites « oreilles », et la plupart des espèces portent des côtes rayonnantes. Contrairement aux palourdes et aux moules, qui ferment leur coquille avec deux muscles adducteurs, le pétoncle n’en possède qu’un seul, de grande taille, situé près du centre de la coquille. C’est ce muscle qui rend les pétoncles singuliers parmi les bivalves : en refermant brusquement ses valves, le pétoncle expulse des jets d’eau de part et d’autre de la charnière et nage par courtes saccades, généralement pour échapper aux étoiles de mer. Le long du bord du manteau court une rangée pouvant compter jusqu’à 200 yeux minuscules, qui permettent à l’animal de réagir aux ombres et aux mouvements.

Le croissant orangé ou crème qui entoure le muscle est la gonade, vendue sous le nom de « corail », et sa couleur dépend du sexe de l’animal. Le pétoncle de Yesso a des sexes séparés : les femelles portent un corail rose à orangé, les mâles un corail crème à blanc ; la FAO indique qu’il atteint d’abord la maturité en tant que mâle et devient femelle avec l’âge. Le pétoncle du Pérou, le pétoncle de baie et la coquille Saint-Jacques européenne sont hermaphrodites : leur corail peut donc présenter une partie mâle pâle à côté d’une partie femelle orangée.

Une conséquence pratique de l’anatomie du pétoncle est que, contrairement à une huître ou à une palourde, il ne peut ni se fermer hermétiquement ni retenir l’eau dans sa coquille. Hors de l’eau, il se dessèche et meurt rapidement : c’est pourquoi les pétoncles vivants se vendent surtout près de leurs zones de production, et presque tout le reste parvient aux acheteurs décoquillé et surgelé.

Les principales espèces commerciales de pétoncles

La forme et la couleur de la coquille, la taille de la noix et la présence ou non du corail aident toutes à identifier l’espèce. Le tableau compare les pétoncles que les acheteurs rencontrent le plus souvent dans le commerce international, avec les noms scientifiques actuels du World Register of Marine Species (WoRMS) et les noms plus anciens qui figurent encore sur les documents.

Comparaison des espèces commerciales de pétoncles (caractéristiques générales ; chaque lot peut varier)
EspèceNoms communs et commerciauxProvenancePrésentation commerciale habituelle
Mizuhopecten yessoensis (anciennement Patinopecten yessoensis)Pétoncle de Yesso ou pétoncle japonais ; hotate au JaponÉlevé dans le nord du Japon et le nord de la Chine, volumes plus faibles en Corée et dans l’Extrême-Orient russeGrosse noix sans corail, demi-coquille, entier cuit, conpoy
Placopecten magellanicusPétoncle géant de l’Atlantique, pétoncle géant américain (sea scallop)Sauvage, pêché à la drague sur le plateau continental de l’Atlantique Nord-OuestGros muscle adducteur, débarqué surtout en noix décoquillées
Argopecten purpuratusPétoncle du Pérou ; concha de abanico au PérouÉlevé dans les baies abritées du Pérou et du ChiliNoix moyenne, souvent avec corail ; demi-coquille
Argopecten irradiansPétoncle de baie (bay scallop)Originaire des côtes atlantiques et du golfe du Mexique des États-Unis ; élevé à grande échelle en ChinePetite noix, surgelée ou séchée
Scaeochlamys farreri (anciennement Chlamys farreri, nom encore usuel dans le commerce et dans une grande partie de la littérature)Pétoncle ZhikongÉlevé dans le nord de la ChinePetite noix ; séchée en petit conpoy
Zygochlamys patagonicaPétoncle de PatagonieSauvage, du plateau continental argentinPetite noix IQF en conditionnements de volume
Amusium pleuronectesPétoncle lune asiatiqueSauvage, Indo-Pacifique occidental ; capturé surtout au chalut, souvent en prise accessoireNoix sans corail, issue d’une coquille fine et lisse
Pecten maximusGreat scallop ou king scallop en anglais ; coquille Saint-Jacques en FranceSauvage, Atlantique Nord-EstFraîche en coquille ou en noix avec corail, surtout en Europe

Quelques indices visuels permettent de séparer les grandes espèces. Le pétoncle de Yesso a une valve blanchâtre portant une vingtaine de larges côtes aplaties et une valve brun violacé. Le pétoncle géant de l’Atlantique a une coquille lisse en forme de soucoupe, sans côtes marquées ; la NOAA décrit la valve supérieure comme rose rougeâtre ou brune et la valve inférieure comme blanche ou crème. La coquille Saint-Jacques européenne associe une valve supérieure plate, rose à brun rougeâtre, à une valve inférieure fortement bombée, et porte des côtes saillantes. Le pétoncle lune asiatique est encore très différent : fin, presque circulaire et très lisse, d’environ 8 cm de diamètre, avec une valve supérieure brun rosé et une valve inférieure blanche.

D’où viennent les pétoncles : élevages et gisements sauvages

L’élevage du pétoncle de Yesso au Japon et en Chine repose en grande partie sur du naissain collecté en milieu naturel. Les larves se fixent sur des collecteurs garnis de filet suspendus à des filières, puis les jeunes pétoncles sont grossis selon l’une de deux méthodes. En culture suspendue, pratiquée notamment dans la baie de Funka à Hokkaido et dans la baie de Mutsu à Aomori, ils sont élevés dans des filets lanternes ou des pearl nets superposés, ou suspendus par paires à des cordes passées dans un petit trou percé dans l’oreille de la coquille. En semis sur le fond, principale méthode sur la côte d’Hokkaido qui borde la mer d’Okhotsk, des juvéniles élevés pendant environ un an sont semés dans l’une des zones de fond exploitées en rotation, puis dragués trois à quatre ans plus tard, selon la description de la Hokkaido Research Organization. La FAO indique que les pétoncles en élevage suspendu atteignent environ 10 cm après deux à trois ans, et que les stocks semés sur le fond demandent à peu près un an de plus.

Le pétoncle géant de l’Atlantique est sauvage. Il vit en gisements denses sur fonds de sable et de gravier, de Terre-Neuve au cap Hatteras, généralement entre 30 et 90 mètres de profondeur environ sur le banc Georges et dans la région médio-atlantique des États-Unis, selon la NOAA, et il est pêché à la drague par les flottilles américaines et canadiennes. Dans les eaux américaines, la pêcherie est gérée par des limites de capture et par la fermeture de zones riches en petits pétoncles à croissance rapide, rouvertes plus tard. La plupart des bateaux débarquent des noix décoquillées plutôt que des pétoncles entiers.

Le pétoncle du Pérou est présent naturellement du Pérou au Chili et élevé dans des baies abritées, la baie de Sechura, dans le nord du Pérou, étant une zone de production de premier plan ; une grande partie du naissain est encore prélevée sur des bancs naturels. Le pétoncle de baie, originaire de la côte américaine entre Cape Cod et le golfe du Mexique, a été introduit en Chine au début des années 1980 et y est devenu une grande espèce d’élevage, tandis que la pêche sauvage américaine a décliné. Les pétoncles de Patagonie et lune asiatique, plus petits, proviennent de pêcheries sauvages : leur offre suit donc les captures plutôt que les cycles d’élevage.

Les noms du pétoncle selon les marchés

Certains noms commerciaux désignent une espèce, d’autres une taille et d’autres encore uniquement le muscle, ce qui rend le vocabulaire du pétoncle facile à mal interpréter.

  • Japon : hotate ou hotategai (帆立貝) désigne le pétoncle de Yesso. Kaibashira (貝柱) désigne le muscle adducteur de n’importe quel bivalve : une carte qui annonce du « kaibashira » peut donc servir du pétoncle, de la pinne (pen shell) ou le muscle d’un autre bivalve.
  • Chine et Hong Kong : 扇貝 est le terme général pour le pétoncle. L’adducteur séché est le conpoy, d’après la prononciation cantonaise de 乾貝 (« coquillage séché »), également vendu sous le nom de 瑤柱.
  • Pérou : concha de abanico, « coquille en éventail », désigne le pétoncle du Pérou.
  • France : l’appellation Saint-Jacques désignait historiquement la grande espèce européenne (great scallop), tandis que « pétoncle » couvre les autres pectinidés, pour la plupart plus petits ; le nom français retenu par la FAO pour le pétoncle de Yesso est pétoncle du Japon.
  • Espagne : vieira est le terme général, et les noms espagnols de la FAO s’en inspirent, comme vieira japonesa pour le pétoncle de Yesso et vieira patagónica pour le pétoncle de Patagonie.
  • Royaume-Uni et États-Unis : les king et queen scallops sont des espèces européennes, les sea et bay scallops des espèces américaines, et « bay » désigne une espèce, pas n’importe quel petit pétoncle.

Pétoncles séchés et conpoy

Le conpoy est le muscle adducteur du pétoncle, cuit puis séché jusqu’à devenir dur et ambré : une forme concentrée de la saveur sucrée que l’on trouve dans le muscle frais. Le produit de référence est fabriqué à partir de pétoncle de Yesso à Hokkaido et à Aomori, et le nord de la Chine fournit du conpoy issu de pétoncles de Yesso d’élevage et d’espèces plus petites. À Hong Kong se vend aussi un adducteur séché provenant de la pinne Atrina pectinata (江珧) ; il s’agit d’un autre animal, qui doit porter son propre nom.

Les cuisiniers cantonais font tremper le conpoy et l’effilochent dans le congee, les soupes, les sautés et les braisés, et il est l’ingrédient qui définit la sauce XO, le condiment pimenté de Hong Kong, généralement associé aux crevettes séchées. Les origines, les catégories de taille, la transformation et les contrôles de qualité sont traités dans notre guide d’achat des pétoncles séchés et du conpoy.

Comment les cuisines préparent les pétoncles

La NOAA décrit la saveur du pétoncle géant de l’Atlantique comme sucrée et riche, tantôt douce, tantôt iodée, avec une texture ferme et maigre, et le pétoncle de Yesso lui ressemble. Les grosses noix de l’une ou l’autre espèce sont le choix classique pour une cuisson saisie, où une surface sèche et une poêle très chaude donnent une croûte dorée sur un cœur à peine pris. Les cuisines japonaises servent l’adducteur du pétoncle de Yesso cru en sashimi et en nigiri, ce qui exige des lots destinés à la consommation crue.

  • France : les coquilles Saint-Jacques gratinées, cuites au four dans la coquille sous une sauce crémeuse et une chapelure, et les noix poêlées servies avec leur corail.
  • Pérou : les conchitas a la parmesana, pétoncles en demi-coquille garnis de parmesan, de beurre et de citron vert, passés sous le gril jusqu’à ce qu’ils soient dorés.
  • Chine : pétoncles en demi-coquille cuits à la vapeur sous un dôme d’ail frit et de vermicelles de soja ramollis.

La noix avec corail est courante dans les cuisines française et péruvienne, où le corail apporte de la couleur, tandis que les comptoirs à sushi n’utilisent que l’adducteur. Pour la noix surgelée, les choix qui comptent le plus en cuisine, noix naturelle ou traitée et calibre, sont expliqués dans notre guide consacré à l’achat de coquillages surgelés.

Distinguer les pétoncles : substitutions et étiquetage

Une fois le pétoncle décoquillé, les indices de la coquille disparaissent. La taille de la noix n’aide qu’aux extrêmes : de très gros adducteurs orientent vers le pétoncle de Yesso, le pétoncle géant de l’Atlantique ou la coquille Saint-Jacques, tandis que de très petites noix peuvent provenir du pétoncle de baie, Zhikong, de Patagonie ou lune. Un produit avec corail réduit le champ des possibles, car le corail du pétoncle de Yesso est d’une seule couleur par animal, alors que les espèces hermaphrodites présentent deux teintes. Au-delà, fiez-vous au nom scientifique et à l’origine indiqués dans l’offre, rapprochés de l’étiquette, et à un test ADN en cas de doute persistant.

Deux types de substitution appellent la vigilance : une espèce plus petite et moins chère vendue sous le nom d’une espèce premium, et des adducteurs d’autres bivalves vendus simplement comme « pétoncle ». Les deux coûtent de l’argent et peuvent enfreindre les règles de dénomination commerciale. Comme les toxines marines se concentrent dans les viscères et le corail plutôt que dans le muscle, les pétoncles entiers et les noix avec corail exigent aussi une attention plus étroite aux registres de récolte que la noix seule. Pour le profil d’un autre coquillage souvent confondu d’une espèce à l’autre, consultez notre guide des espèces d’huîtres, et lorsque vous serez prêt à comparer les espèces côte à côte, demandez-nous une offre par espèce et par origine.

Ce guide fournit des informations commerciales générales et ne constitue pas un avis juridique ou réglementaire. Les exigences varient selon les marchés et évoluent dans le temps ; vérifiez les règles en vigueur auprès de votre commissionnaire en douane ou de l’autorité compétente avant de commander.

FAQ

Questions fréquentes

Le pétoncle géant de l’Atlantique et le pétoncle de baie sont-ils la même espèce ?

Non. Le pétoncle géant de l’Atlantique (Placopecten magellanicus) est une grande espèce sauvage, draguée sur les bancs du large de l’Atlantique Nord-Ouest, dont les noix peuvent mesurer plusieurs centimètres de diamètre. Le pétoncle de baie (Argopecten irradians) est une espèce bien plus petite des eaux côtières peu profondes des côtes atlantiques et du golfe du Mexique des États-Unis, aujourd’hui élevée surtout en Chine. Ses noix, petites et tendres, conviennent aux sautés rapides, aux pâtes et aux gratins plutôt qu’à une cuisson saisie en pièce maîtresse.

Quelle est la partie orange du pétoncle ?

C’est le corail : la gonade du pétoncle, qui s’enroule autour du muscle adducteur. Chez les espèces à sexes séparés, comme le pétoncle de Yesso, les femelles portent un corail rose à orangé et les mâles un corail crème à blanc. Chez les espèces hermaphrodites, dont le pétoncle du Pérou et la coquille Saint-Jacques européenne, une même gonade réunit les deux parties, si bien que le corail est bicolore. Il est comestible et apprécié dans les cuisines française et péruvienne, même si de nombreux marchés asiatiques préfèrent la noix vendue sans corail.

D’où viennent les pétoncles japonais ?

Les pétoncles japonais, ou pétoncles de Yesso, sont élevés dans les eaux froides du nord du Japon, principalement à Hokkaido et à Aomori. Les éleveurs collectent du naissain sauvage sur des collecteurs en filet, puis grossissent les jeunes pétoncles en filets suspendus et sur cordes, ou les sèment sur le fond dans des zones exploitées en rotation et les récoltent à la drague trois à quatre ans plus tard. La même espèce est largement élevée dans le nord de la Chine et, en moindres volumes, en Corée : « pétoncle japonais » désigne donc l’espèce, et pas nécessairement le pays de récolte.

Quel goût a le pétoncle ?

Une bonne noix de pétoncle a un goût sucré, avec une saveur marine nette qui va du doux à l’iodé selon l’espèce et l’eau. La texture est ferme mais tendre après une cuisson brève, et devient caoutchouteuse si la cuisson se prolonge. Les gros pétoncles de Yesso et géants de l’Atlantique offrent la mâche la plus charnue, les pétoncles du Pérou sont souvent consommés avec leur corail, qui apporte de la richesse, et les petites noix de pétoncle de baie ou de Patagonie sont délicates et se prêtent aux sauces, au riz et aux pâtes.

Le conpoy est-il la même chose que le pétoncle séché ?

Oui : conpoy est le nom d’origine cantonaise du muscle adducteur de pétoncle séché, bouilli puis séché jusqu’à ce qu’il soit dur et ambré. La plupart du conpoy premium est fabriqué à partir de pétoncle de Yesso, tandis que la production chinoise utilise aussi des pétoncles d’élevage plus petits. Sur certains marchés, des adducteurs séchés de pinne sont vendus à côté ; c’est un produit légitime, mais issu d’un autre bivalve, et l’espèce doit donc figurer sur l’offre et sur l’étiquette.

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